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Réunion du 27 juin 2007

 

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Première réunion d’information et de lancement d’ORCA : 26 participants

Groupes représentés :

  1. Médecins et groupe de recherche sur ce sujet (belge et français)
  2. Associations de protection animale : SPA et CNSPA
  3. Eleveurs : SCC, Clubs de race (CFABAS, CFBM)
  4. Professionnels du chiens : SNPCC, PRODAF
  5. Communication : Semaine Vétérinaire, AFIRAC
  6. Vétérinaires : Ordre, SNVEL, ISATAV et ENV, Académie vétérinaire, AFVAC, GECAF, Zoopsy, Collège européen et Blue Dog
  7. Représentant de l’administration (DHAL)

3 exposés ont permis de débuter la réunion et de préciser le contexte.

 

Pr Jean Michel Michaux (ENV, ISTAV)

Le problème de l’agressivité canine n’est pas récent ; même s’il est peut être moins grave que par le passé, il est devenu insupportable. C’est devenu un phénomène sociobiologique majeur (au même titre que la malpropreté canine)  et le risque d’agression n’est plus toléré. Cette tendance se retrouve dans de nombreux pays (Belgique, Suisse, Canada…)
La différence d’approche entre opinion publique, média et professionnels est problématique. Les groupes de travail constitués ont souvent une approche similaire, appréhendant la multiplicité des causes de l’agressivité. Pour l’opinion publique, il y a des chiens gentils et des chiens méchants, la classification par race simplifiant le problème.

Il serait donc utile de mettre en place un dispositif qui permette le diagnostic, la sélection, s’intéresse aussi aux conditions d’élevage et à l’éducation.

Il est indispensable d’adopter une démarche opérante pour faire connaître la réalité et intervenir pour diminuer les risques d’accidents dont la fatalité n’est plus acceptée. Le risque est important de voir diminuer le nombre de chiens.

Les informations sont rares, particulièrement en France. L’institut national de veille sanitaire a enquêté sur 4 hôpitaux : les agressions canines représenteraient 1,2 à 1,8 accidents pour 1000 habitants, 1 % des accidents traumatiques des urgences et les enfants constitueraient de 50 à 80 % des victimes. Les enfants sont principalement touchés à la tête, 1/3 des chiens sont ceux de la famille ou des proches, 1/3 du voisinage et entourage, 1/3 inconnus.

Il y aurait environ 8000 hospitalisés suite à morsure de chiens (contre 20000 morts/an d’accidents de la vie courante).
Ces chiffres sont malgré tout trop parcellaires pour être entendus par la presse, les décideurs publiques municipaux et nationaux. Il est donc important de soutenir une initiative qui permette de collecter des résultats et d’établir de vraies politiques. La grande difficulté réside dans la collecte d’information fiables. La vigilance doit être très importante sur deux points : la fiabilité et l’objectivité. Il est fondamental de donner ce sentiment d’objectivité et de ne pas paraître comme un groupe de pression accusé de manipuler les chiffres. La démarche intellectuelle et procédurale doit être irréprochable, l’analyse doit être impartiale, même si les résultats sont insatisfaisants.

 

Dr Tiny de Keuster (Collège européen, Zoopsy, VZW/ASBL, Blue dog) et Dr Marc de Meyere (médecin, VZW/ASBL)

Tiny de Keuster revient sur l’historique de la démarche Belge. En 1998, suite à un accident grave, un Pit tue un enfant, le gouvernement Belge se pose la question de l’interdiction de certaines races et se réfère pour cela aux professionnels, en commençant par les associations de vétérinaires comportementalistes. Un symposium est organisé, d’où  découle le manque de données objectives. Il est donc décidé de ne pas mettre en place une législation sur les races et d’organiser des groupes pluridisciplinaires qui vont, sur un an recueillir des données. Une enquête nationale de santé publique est lancée dans laquelle on inclut les morsures.

1% de la population déclare avoir été victime de morsure, parmi eux les enfants sont deux fois plus représentés que la moyenne générale. Moins de la moitié des morsures sont rapportées aux  autorités ou aux hôpitaux, 65% des accidents ont lieu à domicile avec un chien connu. Dans 86 % des cas la morsure est déclenchée par une action de l’enfant, dans une situation « banale ». Aucune corrélation n’est mise en évidence entre la taille du chien et les morsures à la face, le facteur déterminant est l’âge de l’enfant. Sur 100 chiens qui ont mordu, seuls 28 ont été présentés à un vétérinaire. 55% des enfants mordus développent un stress post-traumatique.

L’enquête conclue que les morsures représentent un part importante des accidents domestiques probablement sous-estimée. La prévention qui ne se base que sur le phénotype de l’animal ne permet pas de mettre en évidence un bénéfice pour le public.

L’ASBL groupe multidisciplinaire est crée, il a pour objectif de promouvoir la prévention des morsures en stimulant la recherche scientifique et en permettant la propagation de l’information aux groupe intéressés. Le recueil des données et les recherches sont donc menées par  un groupe multidisciplinaire, indépendant, objectif. Il est décidé de mettre en place un programme de prévention pour les enfants non-verbaux : Blue-dog, programme validé scientifiquement au plan international. Se projet nécessite un gros budget alimenté par les organisations concernées, des organisations privées et ensuite par l’administration à hauteur des autres apports soit environ 300 000 euros.

 

Dr Claude Beata, Zoopsy

La dangerosité des chiens est un problème complexe, des pistes de travail ont été dégagées lors des réunions pluridisciplinaires de 2006. Même si tous les acteurs n’ont pas la même vision du problème, les mêmes intérêts, les mêmes théories , il peuvent tomber  d’accord sur un but commun : diminuer le nombre de morsures sur enfant. Pour réaliser cet objectif commun, il est nécessaire d’obtenir des données chiffrées fiables, indépendantes, nous travaillons sur de vieux chiffres (4000 morsures à la face par an sur enfant nécessitant réparation, pour 8,5millions de chien). L’idée n’est pas de dire « empêchons toute morsure » ce que chacun sait irréalisable, mais ramenons les chiffres à un seuil plus « raisonnable », dans le sens de la théorie des risques soit 1/10 000 (850).

La première étape consiste à obtenir des données. Challenge difficile. Les professionnels concernés doivent donc être mobilisés, médecins, vétérinaires pour remplir des questionnaires sur lesquels Zoopsy a commencé à travailler. La mise en place d’observatoires locaux est une première étape qui doit se prolonger pour recueillir des données au niveau national. Les formulaires doivent donc proposer des questions choisies, identiques. Un autre aspect est la nécessité d’enquêter sur les accidents graves. Les données doivent être récupérées sur un site, traitées informatiquement de façon objective et mises à disposition de tous les intervenants ainsi que du gouvernement.

Ce projet nécessite un financement important (250 000 euros annuels environ). C’est notre filière, et nous devons être capables de générer en partie le financement. L’administration a signifié, lors des réunions 2006, qu’elle n’avait pas de budget pour cela. L’effort doit donc être commun pour le financement.

 

Discussion

L’ensemble des participants porte un vif intérêt au projet, la question cruciale qui alimente rapidement le débat est celle du financement. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut d’abord trouver des financements dans la filière et qu’ensuite, les institutions pourront subventionner le projet en cours et probablement à hauteur des premiers financement trouvés.
Plusieurs pistes sont avancées et discutées

  1. principe du pollueur/payeur : ajout de quelques euros à la visite chien mordeur
  2. ajout de quelques euros au prix du chien de catégorie, voire de tous les chiens
  3. participation SPA
  4. Laboratoires d’alimentation, pharmaceutiques et autres acteurs de la filière commerciale par une contribution volontaire obligatoire sur produits destinés aux chiens, permettant légalement de financer une interprofession
  5. identification, passeports
  6. cotisations des différents groupes
  7. participations des assurances qui peuvent devenir un partenaire important

Certains groupes sont prêts à aider, participer mais doivent bien sûr obtenir l’aval de leurs association pour s’engager financièrement, d’autres ne semblent guères prêts à s’engager financièrement.

Sera ensuite débattue, la nécessité de se mettre d’accord sur les objectifs, la méthode, les intervenants, au delà des moyens et stratégies financières. La SCC propose une gestion par son fichier mais il est rappelé l’absolue nécessité d’indépendance de l’ORCA comme groupe multidisciplinaire. Dans ce cadre il a été rappelé aussi l’importance de dépasser le monde animal et de travailler aussi avec les acteurs de la santé publique.

 

Les suites

Après le bel élan de cette réunion, il semble plus difficile d’obtenir un réel engagement de tous les partenaires, même dans le monde vétérinaire.

Le projet Orca a été mis en avant au cours de toutes les réunions et RV auxquelles Zoopsy a pu obtenir de participer (cf partie les actions de Zoopsy). Le projet suscite un vif intérêt mais la mise en route et sous quelle égide pose plus de problèmes.
L’actualité des projets de loi sur les chiens dangereux a souvent pris le pas sur le projet ORCA dans les réunions. Pour clarifier la démarche au sein de la profession vétérinaire  Zoopsy a proposé une réunion avec l’Ordre, L’Académie et le SNVEL qui s’est tenue le 25 septembre 2007 dans les locaux du syndicat à Paris. Il y a unanimité sur l’intérêt d’un observatoire. Ils ont insisté sur l’importance du rôle de l’administration, sur la nécessité d’inclure des universitaires.
Zoopsy, initiateur de Orca, tient à rester au cœur du projet : il peut y apporter sa compétence de scientifique, vétérinaire, vétérinaire comportementaliste, son indépendance, sa capacité à travailler en transversalité avec d’autres groupes, ses contacts internationaux dans ce domaine. Zoopsy a toujours affirmé sa volonté de travailler avec tous, dans un observatoire qui serait l’œuvre de tous les acteurs participants, y compris l’administration.

26 septembre 2007 : invitation des journalistes à un point presse pour donner de l’information, prendre contact, sans rien demander. C’est le début de la création d’un réseau de contacts

26 septembre 2007 : déjeuner avec le secrétaire de la Société Française de Pédiatrie qui attendait pour répondre à la presse, notre rencontre. Les points de convergence sont nombreux : il soutient l’idée de l’observatoire, nous ouvre les portes de l’INVS (Institut National de Veille Sanitaire) qui s’apprêtait en 2008 à faire une grand enquête sur les morsures, sans les vétérinaires : espérons que cela change le projet.

 

 

Conception, mises à jour : Karine SANCHE (KDJ Webdesign)

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