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Plongée aux sources des tics et des TOC

C. N.

Revue : Le Quotidien du Pharmacien

Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ne sont pas le privilège de l'adulte. Leur taux augmente régulièrement chez l'enfant et l'adolescent. Leur passage à la chronicité peut gêner la maturation psychique et intellectuelle de l'individu.


Se laver les mains 20 fois par jour, un classique des TOC(photo phanie) TOUTES les maladies psychiatriques ne se ressemblent pas. A côté de la plus commune, la dépression légère à très grave, les névroses et les psychoses sont moins fréquentes mais réellement handicapantes. Les TOC se rangent dans la catégorie des névroses qui entraînent une gêne sociale notable pour celui qui en souffre, mais qui ne s?accompagnent jamais d'une désorganisation de l'esprit contrairement aux psychoses. Dans 60 % des cas, les TOC débutent avant l'âge de 25 ans et les troubles de l'enfant ressemblent aux formes adultes. Ils se manifestent par des obsessions et des compulsions pénibles, parfois invalidantes, qui reviennent sans arrêt et perturbent gravement le quotidien du malade. L'obsession est une pensée angoissante, intrusive, qui s?impose dans l'esprit du sujet en lui faisant perdre le sens des priorités et en engendrant une détresse morale. Les compulsions se traduisent par la répétition anormale et exagérée des mêmes gestes qui conduisent à des comportements inhabituels, surtout à certains moments de la journée (lever, toilette, repas...).

Une conduite illogique et tyrannique. Un certain nombre d'obsessions et de rituels font partie du fonctionnement psycho-comportemental normal de tout enfant ou adulte, mais l'individu atteint de TOC n'arrive plus à les contrôler, et il est assiégé par des pensées obsédantes qui s?imposent à lui. Il est alors contraint d?éviter les circonstances susceptibles de l?exposer à ses phobies et à ses répulsions. Les obsessions sont de divers ordres : peur de la saleté, des infections, peur d'avoir contracté une maladie vénérienne, souci d'un rangement parfait. Chez l'enfant, les obsessions concernent plutôt le jeu, le bain, les activités scolaires (vérifier inlassablement son cartable). Elles s'accompagnent d'une angoisse que le sujet tente d'apaiser par des actes compulsionnels : il vérifie, range, nettoie, se lave de façon répétitive, excessive et inutile. Ces rituels envahissent des heures de sa vie, retentissant sur la scolarité et/ou la vie sociale, et provoquant les moqueries de l'entourage qui les interprète plutôt comme des tics. Cette mise à l'écart est souvent mal vécue par le très jeune enfant qui cherche à cacher ses TOC à son entourage.

Les sujets adultes atteints de TOC sont parfaitement conscients de l?absurdité et de l'aspect excessif de leurs rituels et de leurs pensées, mais ils sont incapables de s'en défaire, malgré leurs efforts pour les ignorer ou les réprimer. Les sentiments de honte et de culpabilité, la peur d?être pris pour un fou expliquent le secret et le tabou qui entourent les TOC. La moitié des TOC durent de deux à sept ans et, quatre fois sur cinq une autre pathologie leur est associée : dépression et troubles de l'humeur, attaque de panique, anorexie, suicide. Très rarement (de 1 à 3 % des cas), l'évolution peut se faire vers une schizophrénie. Le malade est en état de souffrance et d'épuisement psychique. Les parents et l'entourage doivent s'inquiéter si l'enfant ou l'adulte est fatigué, apathique, ou s'il manifeste des crises d?angoisse ou de colère inexpliquées, un repli sur lui-même. D'autres comportements doivent alerter, comme des changements d'habitudes alimentaires (peur que la nourriture soit souillée) et d'horaires (recul de l?heure de dormir ou passage prolongé dans la salle de bains pour réaliser les rituels sans être dérangé).

Une urgence chez l'enfant. Les TOC peuvent avoir un retentissement préjudiciable sur le devenir de l'enfant. Il s'écoule souvent plusieurs années entre l'apparition des premiers signes, leur dépistage et leur prise en charge. Il est primordial de prévenir et d'informer parents, enseignants et éducateurs pour repérer plus tôt les comportements anormaux et réagir avant que les dégâts ne soient irréversibles. Les parents sont souvent désorientés par les bizarreries de leur enfant, et certains se sentent coupables. Même si le TOC n'est pas dû à une mauvaise éducation, ils se sentent responsables.


Les TOC peuvent pénaliser le développement de l'enfant (Photo Phanie)Les connaissances concernant leur mécanisme d'apparition ont progressé ; elles évoquent des causes neurologiques (dysfonctionnement des systèmes des neurotransmetteurs), mais aussi des facteurs familiaux et génétiques, les événements de vie n'ayant probablement qu'un rôle déclenchant. Le trouble peut débuter graduellement ou brutalement après un traumatisme. On ne saurait trop insister sur l'importance du dépistage précoce. Malheureusement, les psychothérapies ne sont pas suffisamment utilisées chez l'enfant dans notre pays ; pourtant la thérapie comportementale permet au sujet d'affronter progressivement sa peur, et la thérapie cognitive l'aide à retrouver sa pensée et à réduire ses rituels. Le soutien de la famille est indispensable.

Antidépresseurs et TOC

Les médicaments actifs sur les TOC sont des antidépresseurs qui activent le système sérotoninergique. Les doses sont en moyenne plus importantes que celles préconisées pour traiter la dépression. Dans certains cas, il faut les associer à des neuroleptiques atypiques ou à des stabilisateurs de l'humeur (dans les cas de cyclothymie notamment). Il est conseillé de suivre le traitement pendantau moins un ou deux ans, surtout en l'absence de thérapie comportementale, et de l'arrêter progressivement. Les traitements de l'enfant sont les mêmes mais la posologie initiale est adaptée à l'âge et au poids.

Le Quotidien du Pharmacien du : 29/01/2007

 

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