Renouveler ma cotisation
Zoopsy comportementalistes
Accueil veterinaires comportementalistes Veille bibliographique veterinaires comportementalistes Un pharmacien à l'écoute de ses clients

Un pharmacien à l'écoute de ses clients

Charles Ducroux

Revue : Le Quotidien du Pharmacien

Philippe Lépée est un pharmacien atypique. Non seulement parce qu'il est à la fois président du Syndicat des pharmaciens de l'Allier et vice-président de l'Uspo, mais surtout parce que ce titulaire prend le temps d'accorder à ses patients qui en font la demande un véritable entretien d'écoute. Un acte qu'il réalise spontanément, sur rendez-vous, mais qu'il souhaiterait voir reconnu et rémunéré.


Philippe Lépée : « Le pharmacien ne peut plus se contenter d'être un simple technicien froid du médicament »(photo M. medina)PARCE QUE le patient sait que son pharmacien est compétent scientifiquement, il fait souvent le choix de se confier à lui. Des confidences très intimes, parfois gênantes, autant pour leur auteur que pour la personne qui les reçoit. «Plutôt que de me contenter d'aménager un simple espace de confidentialité, comme le recommande l'Ordre, j'ai décidé de recevoir les personnes qui le souhaitaient dans mon bureau, que j'ai fait insonoriser», explique le titulaire qui organise ces entretiens.

Des entretiens qui s'éternisent parfois, du fait de la totale disponibilité du pharmacien et de l'évident besoin de parler de certaines personnes. «Il est parfois étonnant de les entendre ''vider leur sac'' de façon aussi libérée. Par exemple, suite à une dépression, à un deuil, ou à un divorce. Je crois que cela est révélateur du déficit d'écoute qui caractérise notre société. Ce que l'on attend de moi, c'est un conseil de bon père de famille, voire de jouer le rôle qui était autrefois celui du curé du village...», confie Philippe Lépée.

L'acte d'écoute, une voie d'avenir. Par ailleurs, le pharmacien a noté que beaucoup de personnes sont insatisfaites de la seule prise en charge allopathique, « sorte de pensée unique médicale », réalisée par un médecin généraliste débordé dont le temps d'écoute est souvent très réduit : d'après la Mutualité française, la durée moyenne de consultation chez le généraliste serait de douze minutes. Les patients demandent donc à la fois une alternative thérapeutique (phyto, gemmo, ou homéopathie) et une écoute. «J'exerce dans un village de 2000 habitants, où il y a quatre médecins généralistes, qui savent pourtant prendre leur temps», analyse Philippe Lépée.


Le soutien psychologique des patients et la médication familiale peuvent répondre à un grand nombre de demandes(Photo Phanie)L'acte d'écoute pourrait donc être une voie d'avenir car le pharmacien ne peut plus se contenter d'être un simple technicien froid du médicament, au risque de se voir bientôt remplacé par un puissant ordinateur.

Avec la sortie de la réserve hospitalière, les officines de ville sont de plus en plus en contact avec des malades souffrant de pathologies très lourdes, qui ont besoin de soutien. «Si l'on veut par exemple participer efficacement au plan Cancer, qui est une priorité nationale, ou accompagner des personnes âgées angoissées par leur avenir, nous devons nous former au soutien psychologique des malades. Je souhaiterais notamment voir l'introduction de la psychologie à haute dose dans les études», déclare le responsable syndical, à qui il est arrivé, dans le cas de confidences graves, d'alerter le médecin traitant, qui lui en est toujours reconnaissant. Par ailleurs, de 50 à 60 % des motifs de consultation médicale sont d'origine psychosomatique. Et, dans ce domaine, le soutien psychologique des patients et la médication familiale peuvent répondre à un grand nombre de demandes, d'autant plus que les patients choisissent de venir directement se confier à l'officine où la disponibilité est totale. C'est pourquoi le vice-président de l'Uspo défend aussi l'idée du pharmacien prescripteur, qui sera selon lui un autre moyen de sauver la profession. Dans le Larousse en 12 volumes, la définition du prescripteur est une «personne qui conseille ou recommande un service, un produit ou des soins». «N'est-ce pas également une définition du pharmacien», interroge Philippe Lépée ?

Le temps, c'est de l'argent. «Il m'est arrivé d'avoir un entretien de deux heures avec un patient. Je le fais avec plaisir, spontanément, mais cela pose évidemment plusieurs problèmes: d'abord, celui du temps, mais aussi celui de la rémunération de ce que je considère comme un acte professionnel, qui n'est pas reconnu», regrette l'officinal. Près d'un patient sur deux à qui il consacre un temps d'écoute lui demande d'ailleurs : «Combien je vous dois ?» C'est donc bien, selon lui, qu'une rémunération de cet acte est légitime.

«Aujourd'hui, je ne demande pas que cet acte soit pris en charge par la Sécurité sociale, mais simplement reconnu par des honoraires», précise le président du Syndicat des pharmaciens de l'Allier, qui est convaincu que la reconnaissance de ce temps d'écoute et de conseil fera faire des économies à la Sécurité sociale. Les mutuelles semblent d'ailleurs avoir compris l'intérêt de la démarche, puisqu'un projet de protocole, prévoyant de prendre en charge à hauteur de 21 euros, c'est-à-dire le coût d'une consultation chez un généraliste, un acte annuel de bilan personnalisé de la médication de l'assuré, est actuellement discuté.

Bien entendu, ces voies d'avenir ne pourront voir le jour qu'avec le souci de la complémentarité et dans le dialogue avec les autres professions médicales.

Le Quotidien du Pharmacien du : 29/01/2007

 

Conception, mises à jour : Karine SANCHE (KDJ Webdesign)

Thèmes du site : agressivité chien - comportement du chat - comportementaliste vétérinaire - conférences comportement animal - congrès comportement animal - éthologie animaux - hiérarchie chien - hyperactivité chien - morsures chien - problème de comportement chien - propreté chien - soin animaux - thérapie comportementale animal - traitement comportement - vétérinaire comportement - conseils éducation - éducation chien - éducation chat - comportement chien -